Les Sabéens Mandéens

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Un peu d’histoire

Les Sabéens-Mandéens sont l’une des onze communautés qui, aux côtés des sunnites et des chiites, participent de la richesse confessionnelle et culturelle de l’Irak. A l’instar des Yézidis, ils pratiquent une religion monothéiste parmi les plus anciennes au monde, bien antérieure au judaïsme et au christianisme, dont les premières traces datent d’il y a plus de 4000 ans.

On les qualifie souvent de « derniers gnostiques » : le mandéisme est en effet le seul mouvement religieux à avoir survécu jusqu’à nos jours et qui s’identifie avec le gnosticisme (une hétérodoxie judaïque par la suite hellénisée et christianisée, dont l’existence est attestée par les écrits de Qumrân ou manuscrits bibliques de la Mer Morte). C’est également le premier mouvement héritier des Baptistes (disciples de Jean Baptiste ayant refusé de se rallier au christianisme et obligés de fuir, aux Ier et IIIe siècle, les persécutions dont ils étaient l’objet en Palestine).

Les Sabéens-Mandéens sont les héritiers des religions mésopotamiennes, ayant vu le jour autour du Tigre et de l’Euphrate et ayant délaissé le polythéisme au profit d’une théologie dualiste, marquée par l’opposition entre « le monde d’en-haut » (ou monde de la Lumière) et « le monde d’en-bas » (ou monde des Ténèbres). Leurs croyances s’organisent autour de la croyance en Dieu et son « Envoyé céleste », descendu sur Terre pour transmettre les instructions divines au premier homme, Adam. Le dernier et le plus important de leurs prophètes est Jean Baptiste, de qui ils tirent leur principal rite, celui du baptême.

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Répartition géographique des Sabéens-Mandéens d’Irak et d’Iran

Dès le Xe siècle, les auteurs et juristes musulmans ont beaucoup débattu pour savoir s’il fallait compter les Mandéens parmi les « Gens du Livre / ahl al-kitab » (aux côtés des Juifs et des Chrétiens) mentionnés par le Coran. Y figurer donnait en effet le droit aux croyants de pratiquer leur religion, moyennant le paiement d’un impôt, la djizya. Ce statut leur un temps été accordé, mais fut ensuite l’objet de vifs débats, notamment en raison de ce que d’autres communautés (qui ne répondaient pas aux critères nécessaires pour appartenir aux Gens du Livre) ont prétendu elles aussi être « Sabéens ». Aujourd’hui, cette appartenance aux Gens du Livre est niée pour les Mandéens d’Iran et fortement décriée pour ceux d’Irak.

Le mandéisme repose davantage sur un patrimoine commun que sur un ensemble codifié de croyances et doctrines religieuses : il n’existe pas de représentations, images ou icônes servant de support à la prière mandéenne, ni de guide de base de leur théologie. Leur principal livre religieux est la Ginza Rabba (« le Grand Trésor »), qui se divise en deux parties (la Ginza Smala, « Ginza de gauche », et la Ginza Yemina, « Ginza de droite ») et suggère une théologie dualiste, typique d’autres religions iraniennes (zoroastrisme, Manichéisme, enseignements de Mazdak).

Comme on l’a dit, les Sabéens Mandéens opposent en effet le « monde d’en-haut », ou « Monde de la Lumière » au « monde d’en-bas ». Sur le premier règne le Dieu de la Lumière, qui porte différents noms : Haii (créateur de la vie), « Roi » ou « Seigneur de la grandeur ». Ce monde est multiple : de nombreuses entités y séjournent et sont appelées « richesses ».

Par opposition, le monde d’en bas est celui des ténèbres ; son chef (et non dieu, ce qui fait bien du mandéisme la plus ancienne doctrine monothéiste) est appelé Roha. Il est également gouverné par un prince, Ptahil, qui a corrompu les êtres spirituels pour les amener à créer notre monde. Il œuvre en compagnie de deux autres figures : Abathur, dont le rôle est de juger les âmes des mortels, et Yushamin, le plus élevé de ces trois démiurges, qui fut sévèrement puni pour s’être opposé au Dieu de la Lumière.

La religion mandéenne s’appuie sur cinq piliers : le monothéisme, la prière (3 fois par jour, précédée d’ablutions rituelles visant à la purification du croyant), le jeûne, l’aumône et le baptême. Il s’agit du principal rite de cette communauté : c’est en effet par le baptême, et non la circoncision, que la pureté est acquise. Les croyants le reçoivent non pas une fois, mais autant de fois qu’ils le souhaitent au cours de leur vie : lors des cérémonies hebdomadaires (le dimanche), mais aussi les jours des fêtes. Ce baptême ne peut se pratiquer que dans l’eau vive : l’eau stagnante, ou « morte », comme dans un lac, est interdite ; elle rend le baptême non-valide. D’où l’établissement systématique de ces communautés à proximité de fleuves et rivières.

Les Sabéens Mandéens sont spécialistes de vieux métiers pour lesquels ont développé, au fil des siècles, un savoir-faire unique : métallurgie et ferronnerie, charpenterie, construction de bateaux et de meubles finement décorés, qui ont longtemps été des produits de luxe particulièrement prisés. Leur réputation tient surtout à leur savoir-faire d’orfèvres et bijoutiers, un artisanat propre aux civilisations mésopotamiennes dans lequel les Mandéens se sont spécialisés.

Si le contexte islamique a favorisé le développement de coutumes et pratiques patriarcales, pour les Sabéens-Mandéens, le statut de la femme n’est pas inférieur à celui de l’homme : en situation de succession, fils et filles héritent à parts égales. Dans les textes religieux, les figures féminines sont importantes et fréquemment citées ; contrairement à la tradition judéo-chrétienne, la théologie mandéenne ne rejette pas la faute du péché originel sur l’épouse d’Adam, mais estime que le mal était originellement inscrit en eux deux.

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Aujourd’hui : une communauté éparpillée et persécutée

« Seul Dieu a le pouvoir de prendre une vie. Aucun fidèle n’en a le droit, jamais.

[…]

Donnez du pain, de l’eau et un abri aux personnes pauvres, dans le besoin, et à celles qui subissent la persécution. »

Comme d’autres minorités d’Irak, l’histoire des Sabéens Mandéens est marquée par les discriminations, persécutions, déplacements et conversions forcées.

Avec l’instauration de l’Etat irakien moderne (1921), les Sabéens ont été les premiers à envoyer leurs enfants à l’école de façon systématique et à les encourager à poursuivre leurs études. Nombre d’entre eux se sont ainsi illustrés dans le paysage culturel irakien : on peuit ainsi citer lephysicien Abdul Jabbar Abdullah, premier directeur de l’Université de Bagdad ; ou l’astronome Abdulathem Al-Sabti (qui a d’ailleurs donné son nom à une petite planète).

A partir des années 1980, les Sabéens Mandéens commencent à être reconnus comme composante du paysage irakien, et parviennent à obtenir les mêmes droits et devoirs que le reste de la population. Mais leur représentation politique reste fragile, voire inexistante  ; après la chute de Saddam Hussein (2003), leur situation a empiré. Les principes religieux des Mandéens leur interdisant de prendre les armes et d’avoir recours à la violence, même pour se défendre, ils vont devenir une cible privilégiée des extrémistes. A cela s’ajoutent la jalousie et le ressentiment provoqués par le statut social et économique lié à leur métier d’orfèvres renommés.

S’ils n’ont pas été les victimes de Daesh, en raison de leur localisation géographique dans le Sud de l’Irak, la situation des Sabéens Mandéens aujourd’hui est tout aussi dramatique. Au quotidien, ils font l’objet de discriminations systématiques : considérés comme impurs parce qu’ils rejettent la circoncision, il leur est interdit de toucher les produits sur les étals du marché. Sur leur lieu de travail, ils ne peuvent pénétrer dans les salles de repos, manger à la même table que leurs collègues, ou simplement utiliser les toilettes. Une situation qui n’est pas sans évoquer, en un sens, la ségrégation aux Etats-Unis ou l’apartheid en Afrique du Sud.

La montée des violences en Irak au cours des années 2000 a eu, pour la communauté mandéenne, des conséquences désastreuses : assassinats, tortures, vols, viols, expropriations, mariages et conversions forcés, passages à tabac se sont progressivement systématisés. Les enlèvements sont devenus « monnaie courante » pour cette communauté, de sorte qu’il est rare de croiser une famille dont l’un des membres n’ait pas fait l’objet d’un kidnapping ou d’une tentative d’enlèvement. Ceux-ci peuvent avoir divers buts : marier de force les jeunes filles afin de priver la communauté de ses moyens de perpétuation démographique ; enrôler de force les hommes dans les milices et les obliger à combattre, faire d’eux des bombes humaines ; ou alimenter le trafic d’organes au marché noir (notamment lorsqu’il s’agit d’enfants).

Ces violences ont eu de lourdes conséquences. On comptait près de 800.000 Sabéens Mandéens au début du XXe siècle ; aujourd’hui ils sont moins de 100.000, dispersés à travers le monde.

Contrairement aux réfugiés chrétiens et musulmans, les Mandéens n’appartiennent pas à une grande communauté religieuse capable de leur procurer aide et protection. Isolés et laissés pour compte, ils sont encore moins nombreux et plus vulnérables que les Yézidis (minorité irakienne kurdophone établie dans les villages du Nord du pays, quand les Mandéens sont éparpillés en petites poches à travers les régions du Sud). Ils sont la seule minorité en Irak à ne bénéficier d’aucune enclave géographique protégée. Ainsi, lorsque les Mandéens tentent de trouver refuge au Kurdistan irakien, dans le Nord du pays, ils doivent faire face à de nombreuses difficultés. Méprisés en tant qu’arabophones du Sud, ils sont l’objet de régulières exactions dès lors que leur appartenance religieuse est découverte. En Syrie et en Jordanie, ils ne peuvent pratiquer leur religion au grand jour. Par conséquent, nombre d’entre eux finissent par opter pour la conversion, afin de pouvoir recevoir de l’aide des structures et communautés chrétiennes ou musulmanes.

Aujourd’hui, la situation des Sabéens Mandéens est critique. En Iran, ils sont relégués aux marges de la société et font l’objet de discriminations, persécutions et pressions pour les pousser à se convertir à l’Islam. En Irak, il resterait moins de 300 familles, bloquées dans le Sud du pays faute de moyens pour pouvoir fuir. Celles qui ont réussi à partir sont réfugiées aujourd’hui dans les pays voisins. En Jordanie, elles ne touchent aucune aide de la part des Nations Unies et de son Haut Commissariat aux Réfugiés (UNHCR) ; interdits de travailler, elles peinent à trouver de quoi se nourrir, se soigner et ne peuvent envoyer leurs enfants à l’école. En Turquie, près de 600 Sabéens sont bloqués dans le Nord de pays, où ils sont soumis à des conditions climatiques extrêmement rudes : faute de moyens pour se loger, se chauffer, s’habiller, beaucoup ont succombé aux récentes vagues de froid cet hiver. Les autorités turques et européennes restent sourdes aux appels récurrents des responsables de la diaspora mandéenne, ayant trouvé refuge en Australie, Suède, Etats-Unis, Allemagne, Pays-Bas, France (250 personnes environ, près de Tours). En dépit de situations souvent précaires, dues aux difficultés liées au statut de réfugié dans les pays occidentaux, ces membres de la diaspora tentent leur possible pour venir en aide aux Sabéens-Mandéens restés en Irak, Jordanie ou Turquie.

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Approche anthropologique : rite du baptême lors de la fête de la Création

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Avant que la cérémonie ne débute, les prêtres plongent dans l’eau de la rivières les tissus nécessaires  à la pratique des rites baptismaux – © Claire Lefort

Le rite du baptême occupe chez les Mandéens une place particulière, car c’est par lui que le croyant est purifié. Il ne peut se pratiquer que dans un cours d’eau (l’eau stagnante, comme dans un lac, étant interdite) ; d’où l’établissement systématique des communautés à proximité de fleuves et rivières (le Tigre, l’Euphrate ou le Jourdain). L’eau courante est en effet, chez les Sabéens, un élément essentiel : elle jaillit du Royaume de Lumière et représente ainsi l’émanation de ce dernier au sein du monde mortel. Elle fait partie du processus de création : il s’agit d’une substance de vie, à partir de laquelle chaque vie est créée.

L’exode des Mandéens en Jordanie a débuté en 2003, lorsque la situation a commencé à se dégrader pour eux en Irak. La plupart sont cependant arrivés depuis 2014, suite à l’essor de Daesh et aux violentes exactions perpétrées à leur encontre (voir leurs témoignages). Suite aux tensions rencontrées avec les Jordaniens, les Mandéens ont obtenu des autorités que leur soit accordé un lieu où pratiquer leur religion : une portion de rivière, dans le Wadi Shu’ayb, à une heure de route d’Amman, la capitale, où s’est établie la communauté. Les Mandéens s’y rendent chaque dimanche, en bus, pour leur célébration hebdomadaire.

Les baptêmes sont réalisés par des prêtres, exclusivement masculins, et dont le rôle et la fonction varie en fonction de leur statut. Au premier stade, on trouve les assistants (al halali) ; une fois mariés et pères, ils peuvent devenir prêtres et pratiquer les baptêmes (al termitha). On les distingue des cheirs chargés des rites liés aux esprits des défunts (al guinzabra) ; à ce titre, la seule eau dont ils sont autorisés à user (pour boire, manger, se laver) est celle de la rivière à laquelle est attachée la communauté. Enfin, au sommet de la hiérarchie se trouve al rish oumma, chef de la communauté des croyants et qui réside actuellement à Bagdad.

A la mi-mars a lieu, chaque année, la fête de la Création, une des principales cérémonies du calendrier mandéen. Pendant cinq jours, la communauté se rassemble sur les rives du fleuve auquel elle est attachée et chacun de ses membres est invité à pratiquer le rite du baptême. Cette cérémonie, quasiment inchangée, serait la même que celle reçue par Jésus de la part de Jean-Baptiste.

Cette cérémonie se déroule en plusieurs étapes, au cours desquelles hommes et femmes sont strictement séparés. Durant toute sa durée brûle de l’encens, destiné à purifier l’air et les corps de ceux qui le respirent. Chacun des croyants revêt, à cette occasion, un vêtement blanc (al rasta) composé de cinq éléments :

  • une longue chemise
  • un pantalon blanc
  • une ceinture de laine doublement nouée à la taille
  • un turban ou une coiffe, qui se composent d’un tissu noué sur la tête
  • un foulard ou cordon passé autour du cou
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© Claire Lefort

Ainsi vêtu, chaque fidèle doit pénétrer individuellement dans la rivière afin de s’y purifier, selon des gestes répétés trois fois. Ils reviennent ensuite sur la berge et se passent, à l’annulaire ou l’auriculaire de la main droite, une bague réalisée à partir de feuilles de myrte, symbole de vie et de renaissance.

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Tous se rassemblent ensuite autour de la Darfash, une croix d’olivier drapée d’un tissu blanc et surmontée de feuilles de myrte, pour y prier : ce rituel est la condition préalable pour être autorisé à pénétrer à nouveau dans la rivière et y recevoir le rite du baptême. Celui-ci peut alors débuter.

Le prêtre pénètre d’abord seul dans l’eau et en appelle aux fidèles, restés sur la berge. La cérémonie débute avec une prière, prononcée le bras levé vers le ciel afin d’invoquer la Lumière (principe organisateur du monde d’en-haut).

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Chacun à son tour, les croyants se dirigent vers le prêtre et viennent s’accroupir à ses côtés, après l’avoir contourné. Celui-ci leur asperge le visage, les immerge, puis leur donne à boire l’eau du fleuve directement dans sa main ; chacun de ces gestes étant répété trois fois de suite. Le baptême est en effet pensé comme une purification du corps et de l’esprit. Le processus d’immersion et le fait de devoir retenir un temps sa respiration sous l’eau représentent la mort ; en revenant à la surface, le croyant connaît ainsi une renaissance. Des prières, hymnes et invocations accompagnent ce mouvement d’immersion, récitées par le prêtre et que répète le baptisé, afin de reconnaître ses fautes, faire pénitence et implorer de Dieu pitié, pardon et aide.

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Le prêtre passe ensuite, à trois reprises, un peu d’eau sur le front du baptisé, lequel prolonge ce geste en s’essuyant avec l’un des cordons de sa coiffe. Ce geste représente ainsi la purification de l’esprit après celle du corps : « on passe de l’eau sur le front et non sur les yeux car, si l’on ne peut empêcher ces derniers de voir des choses bonnes comme mauvaises, il est en revanche possible de chasser de son esprit les pensées et intentions mauvaises ».

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Enfin, le prêtre ôte la bague du doigt du fidèle et la place sur sa tête, juste sous sa coiffe, pour symboliser la couronne de renaissance. Puis il bénit le baptisé, avant de l’inviter à rejoindre la rive.

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Là, ce dernier doit tourner quatre fois autour de la croix drapée évoquée précédemment, tout en récitant une prière. Le rite du baptême s’achève de façon communautaire : les fidèles se rassemblent, hommes et femmes toujours séparés ; le prêtre répand sur leur front une préparation à base de graines de sésame et les fait communier à « l’eau cérémonielle », mambuha. Tous prient, ensemble, et partagent une partie de la nourriture préparée par le cheir (prêtre de « troisième grade », évoqué précédemment) à destination des esprits des défunts.

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Sources – Pour aller plus loin :

  • Encyclopédie Universalis, article « mandéisme »
  • « Save the Gnostics», tribune publiée dans le New York Times par Nathaniel Deutsch, professeur d’histoire des religions à l’Université de Swarthmore (octobre 2007)
  • terrain anthropologique auprès de la communauté mandéenne exilée en Jordanie (février-août 2016)
  • Adam Secret, Ethel Drower (spécialiste des Mandéens d’Irak, 1960) : traduction française aux éditions La Fontaine de Pierre
  • Les Sabéens-Mandéens : premiers baptistes, derniers gnostiques par Claire Lefort (éditions du Cygne)
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